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Richard Moss

La présence, le thérapeute
et la relation d’aide.



Interview de Richard Moss
Richard Moss enseigne, depuis plus de 25 ans, une spiritualité sans dogmatisme et dans le respect des religions. En 1976, il connaît une « transformation radicale » et abandonne l’exercice de la médecine classique pour se consacrer à l’exploration de la conscience. Se basant sur une profonde connaissance des processus de transformation, il guide des groupes dans l’exploration de la relation consciente, à soi, aux autres, à la vie, et au divin. Le travail au cours dses séminaires, vise à développer la maturité et la responsabilité de chacun.

Synodies : Richard, merci d’être là et de répondre à notre interview pour « Synodies », la nouvelle revue née en même temps que l’association GRETT, Groupe de Recherche en Thérapies Transpersonnelles, lors du dernier forum organisé par Bernadette Blin, dont le thème était « La Présence : une relation vivante ».
A cette occasion, Deborah Bacon nous a fait une présentation du «Mandala de l’être », qui je crois fait l’objet du livre que tu écris en ce moment. Ta venue en France pour ton enseignement, ainsi que ces deux journées d’étude que tu proposes aux praticiens de la relation d’aide, nous font l’honneur de ta présence pour notre premier numéro. Peux-tu nous dire ce qu’est la présence pour toi, particulièrement dans la relation thérapeutique ? Et comment l’enseignes-tu ?
Richard Moss : Que signifie la présence ? Il est important d’avoir un point de départ pour notre considération de la psychothérapie, des relations, et de ce que c’est que d’être humain. Si nous ne partons pas de quelque chose d’essentiel, nous aboutissons souvent à des choses compliquées ou secondaires. Pour moi, le point de départ est toujours le présent. Si on considère pourquoi un individu vient chercher de l’aide, la réponse est simple : il souffre. Mais lorsqu’on considère de quelle façon s’adresser à cette souffrance, est-ce que l’esprit se tourne automatiquement vers le passé pour y chercher la source de la souffrance ? Sur le plan du développement de l’individu, le vécu du présent est précédé par des antécédents venant du passé. Mais pour vraiment aider quelqu’un, l’aide doit avoir lieu dans le présent. Cela veut dire que nous devons aider les gens à venir plus près de ce qu’ils fuient, de ce dont ils se déconnectent ou se protègent et puis rencontrer cela directement dans le présent plutôt que de continuer à travailler sur leurs différentes formes de compensation.

Synodies : Est-ce que ces formes de compensation sont ce que tu appelles la structure de survie ?
Richard Moss : Oui. La personnalité de survie est un terme venant de la Psychosynthèse. Mais je lui donne un sens légèrement différent. Pour la Psychosynthèse, c’est le masque ou la persona extérieure que la personne présente au monde et qui lui permet souvent de cacher ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même, non seulement aux yeux du monde, mais aussi dans une certaine mesure à elle-même. Je rejoins cette définition de la personnalité de survie, mais je pense que c’est aussi tout ce que nous faisons pour protéger la structure de base de notre ego, notre sens fondamental de nous-mêmes. Ainsi, paradoxalement, même si nous sommes malheureux, les formes de souffrance familières – nos peurs, culpabilité, colère, jalousies, reproches, contrôle, plaintes habituels - font tout à fait partie de la personnalité de survie.
Ce qui menace vraiment notre sens de nous-mêmes – notre ego – est la souffrance inhabituelle, voire un bien-être inhabituel : même la paix et le bonheur peuvent faire peur à l’individu qui vit habituellement dans un inconfort familier et réconfortant. L’amour aussi est menaçant car il implique le fait de s’abandonner à l’incertitude. Au fur et à mesure que nous déconstruisons la personnalité de survie, ce qui signifie que nous apprenons à comprendre les formes d’auto-protection que nous utilisons pour nous réconforter dans la souffrance, paradoxalement nous nous exposons à un niveau de souffrance beaucoup plus profond. C’est ici où l’on rencontre les émotions qui amènent le moi à se sentir submergé. Je les appelle les émotions inapprivoisées. Elles démarrent très tôt dans notre vie et sont très indifférenciées : nous avons peur d’être engloutis, de nous perdre, de disparaître, de cesser d’être. La peur fondamentale de l’ego est la peur du non-être.
J’appelle les émotions de la souffrance habituelle les émotions apprivoisées car elles ne menacent pas vraiment notre ego ; en effet, elles aident à le maintenir. Elles sont ainsi des compensations, et il n’est pas très utile de travailler avec elles. Ce qui est utile est de commencer à aider le client à découvrir les émotions inapprivoisées, et pour cela la présence est cruciale. Afin de découvrir ces émotions plus profondes, le client a besoin de sentir un contenant, un sentiment d’énergie qui contient la possibilité d’être en relation avec ces sentiments. Ce contenant est en effet une énergie, ou présence, qui est sans jugement et non-réactive, et n’a aucun objectif autre que d’être avec le client et faire confiance à ce qui émerge. Pour construire ce contenant, le thérapeute doit venir de plus en plus près du moment présent en lui-même, et inviter le client plus près du présent en lui-même où il pourra apprendre comment être en relation avec ces sentiments difficiles. Ceci est le travail essentiel pour le thérapeute aussi bien dans sa propre vie et pour sa capacité à travailler avec d’autres.

Synodies : C’est ce que tu appelles ‘revenir au commencement-de-nous-mêmes’ ?
Richard Moss : Oui. Apprendre à revenir à une relation avec soi-même dans le présent est essentiel. Les peurs profondes, par exemple la peur de l’abandon, la peur de ne jamais être aimé, la peur de l’échec sont beaucoup plus menaçantes dans notre imagination que dans le vécu réel de celles-ci lorsque nous les rencontrons dans le présent. Nous devons apprendre à ne pas tourner nos pensées vers le passé ou le futur, car cela ne fait qu’augmenter l’intensité terrible de ces sentiments. Nous devons apprendre à ne pas faire de nous-même un objet à cause de ces sentiments – en créant des histoires concernant ce qui ne va pas chez nous, comment nous devrions être, où nous devrions aller – mais plutôt simplement être présents à eux. Si vous rencontrez ces peurs dans le moment présent, vous découvrirez autre chose qui sera là pour vous aider : la grâce. Nous devons tous faire le travail pour devenir présent. J’appelle ce travail l’exercice du pouvoir de la conscience, le pouvoir d’être présent à ce qui est. Mais la guérison profonde est aussi et toujours un élément de la grâce, et non pas quelque chose que nous pouvons faire pour nous-mêmes ou pour d’autres. Par contre, même si le thérapeute ne peut pas donner ceci au client, le thérapeute peut faire confiance à la grâce. Elle fait partie de l’environnement qu’apporte le thérapeute.

Synodies : Est-ce que le chemin du thérapeute est d’être réceptif, préparé, sans être attaché aux résultats ? Et de ne pas espérer ?
Richard Moss : Je pense que la tâche du thérapeute est d’abord de gagner la confiance de l’inconscient chez le client. Ceci est subtil. Le plus important est que le client se sente vu et entendu. Il y a même une sorte d’alchimie mystérieuse, comme l’alchimie qui attire les amants. Il doit y avoir un courant entre le thérapeute et le client. Je pense que la possibilité pour que ce courant existe, augmente plus le thérapeute devient vide, moins poussé par le besoin d’accomplir quelque chose, et surtout plus il lâche les théories psychothérapeutiques dont il pourrait se servir pour définir le client et le processus thérapeutique. A mon sens, cette dépendance sur des idées est une façon dont le thérapeute se protège de son propre ‘je ne sais pas’ et de l’alchimie thérapeutique plus profonde qui peut venir de cette inconnaissance, qui est en fait de l’amour. Le travail est de rester présent, le champ énergétique immobile, dans le Maintenant, dans une vulnérabilité profonde.

Synodies : Et sans intention ?
Richard Moss : Oui, sauf d’être présent. Et si cela permet ensuite au client de se sentir plus en sécurité, alors son propre inconscient commencer à coopérer avec la relation thérapeutique. Une fois cette confiance créée, le thérapeute ou le guide peut alors commencer à inviter le client à entrer de plus en plus en relation avec des peurs plus profondes, les émotions inapprivoisées, au fur et à mesure qu’elles commencent à émerger naturellement dans le processus thérapeutique. Le thérapeute peut inviter le client à rester avec ces sentiments, à les rencontrer dans l’immédiateté du présent. « Où es-tu en toi-même maintenant ? » « Qu’est-ce que tu ressens maintenant ? » On apprend ainsi comment avoir une relation directe avec soi-même. Et ça c’est la clé.

Synodies : C’est ce que tu fais dans ton enseignement ? Enseigner aux gens comment s’approcher de cet instant, de ce vide fertile ?
Richard Moss : Oui, c’est ce que j’appelle le commencement-de-nous-mêmes. C’est vide par rapport à l’ego, mais plein par rapport à l’être.

Synodies : N’est-ce pas un espace effrayant et déstabilisant ?!
Richard Moss : Oui, bien sûr, il sera déstabilisant pour la personnalité de survie, mais il permet l’émergence d’un niveau plus profond de notre être, et je crois que la relation psychothérapeutique existe en définitive pour soutenir cela.

Synodies : Est-ce en s’approchant de ce lieu où nous rencontrons les peurs plus profondes que se révèlent toutes ces résistances : évitement, contrôle, dissociation … ?
Richard Moss : Oui, la personnalité de survie était un grand cadeau, un grand accomplissement, lorsque nous étions petits. Elle nous a garanti la survie d’un système-du-soi, plus ou moins suffisant selon la personne. Il y une résistance, une peur légitime, par rapport au sentiment d’être submergé par ce dont nous nous sommes inconsciemment protégés pendant notre enfance, et ensuite, par habitude, pendant le reste de notre vie. Afin de rencontrer ce que nous avons toujours évité, il faut avoir la confiance de l’inconscient. Le guide doit pouvoir faire confiance dans son inconnaissance et son impuissance, et avoir une empathie profonde sans avoir peur de l’anxiété ou de la douleur du client. Le thérapeute ne doit pas être attaché à l’efficacité, car cela serait seulement sa propre peur. Si le thérapeute ne fait pas confiance, alors pourquoi le client ferait-il confiance ? Quand je parle de confiance, je ne veux pas dire que le thérapeute va se sentir confortable (i.e. la consolation de s’imaginer efficace). Au contraire, il doit faire confiance quoi qu’il ressente, même dans son incertitude ou son ambiguïté. Ceci nécessite d’apprendre à se poser dans un endroit à l’intérieur de nous-mêmes, où rien ne bouge dans notre champ d’énergie, même lorsque nous nous sentons tout à fait mal à l’aise. Si nous arrivons à faire cela, alors cette même capacité sera transmise au client. Ce potentiel est implicite dans la nature même de la connexion énergétique.

Synodies : Comment dans ton enseignement amènes-tu cela ? Comment fais-tu comprendre à celui qui travaille avec toi le chemin que tu proposes ? Que lui demandes-tu comme qualité pour travailler avec toi ?
Richard Moss : Tu me demandes beaucoup ! Pour répondre simplement, j’ai confiance en ce qui a amené la personne à travailler avec moi. Je l’invite à vivre des expériences dans lesquelles elle peut apprendre plus sur elle-même. Je l’encourage à être honnête avec elle-même, sincère avec les autres, et prête à être ouverte à de nouvelles expériences. Pour ma part, la chose la plus importante que j’offre est la qualité de mon attention : la profondeur de ma réceptivité et une écoute constante.

Synodies : A l’autre et à toi-même ?
Richard Moss : Existe-il réellement un autre ? Je ne peux pas écouter en toi. Je suis avec toi, mais j’écoute en moi.

Synodies : Qu’est-ce qu’il y a de plus difficile pour toi quand tu rencontres un nouveau groupe ?
Richard Moss : Tu as parlé tout à l’heure de mon enseignement, le Mandala de l’être. C’est un modèle pour examiner comment nous nous éloignons du présent. En travaillant avec un groupe ou un individu, ou tout simplement en vivant ma vie, je dois examiner comment mon esprit me fait quitter le présent. La chose la plus importante en travaillant avec un groupe est de vivre à partir de cet espace en moi-même qui est le plus authentique et le plus spontané. Cela implique de libérer ma propre psychologie de ses recherches de réussite, efficacité et amour. Je pense que le plus grand défi pour moi est toujours de dépasser mon besoin de faire quelque chose et de faire confiance que par le fait d’être ensemble et de laisser les choses se déployer, le processus aura son intelligence propre. Au bout de 28 ans, je suis encore surpris par le peu que j’ai à faire, et combien les gens sont prêts à explorer des choses nouvelles. Dans ce genre de contexte, il semble que les êtres humains s’orientent naturellement vers une conscience et une ouverture plus profondes, et vers, si j’ose le dire, l’amour.

Il y a aussi des niveaux de phénomènes énergétiques qui se produisent dans les groupes qui présentent un défi supplémentaire. L’énergie de groupe déstabilise toujours le champ énergétique personnel. On pourrait décrire l’énergie transpersonnelle du groupe comme en même temps une excitation et une oppression de la structure énergétique personnelle qui pourrait entraîner de la réactivité et augmenter le besoin de garder le contrôle. C’est intéressant de noter que cette perturbation commence bien avant le démarrage du groupe, parfois un jour ou deux, parfois même plus. Elle produit une vulnérabilité profonde et dérangeante avec laquelle j’ai appris à rester présent.

Synodies : Tu t’offres complètement ?
Richard Moss : Oui, et cela n’est pas facile. Encore et encore et encore !

Synodies : Quels conseils pourrais-tu donner aux thérapeutes pour se préparer dans leur travail et pour apprendre à prendre soin d’eux-mêmes ?
Richard Moss : Il n’existe pas de formule. Il est surtout question d’être conscient, de s’écouter. C’est ce que je veux dire par exercer le pouvoir de la conscience : continuer à revenir au présent en vous-même. Si votre manière de vous préparer prend la forme d’un schéma habituel, il est probable que vous ayez une croyance concernant comment vous devriez être. Cela deviendra une limitation, une identité. J’aime dire : « Qui nous sommes vraiment commence toujours maintenant. » Ainsi il ne s’agit pas de préparation, mais d’être soi-même instant par instant, un retour constant au présent en vous-même. Posez-vous la question : quelles croyances avez-vous concernant comment vous devriez vous préparer ? Qu’est-ce que vous pensez devoir faire et ne pas faire ? Ce ne sont que des histoires. Y a-t-il quelqu’un qui doit se préparer ? Allez découvrir cela !

Synodies : Un jour tu as demandé : « Comment arrosez-vous votre jardin ? ». Est-ce de cela dont tu parles ?
Richard Moss : Je veux dire, comment prenez-vous soin de vous-même ? Généralement, les gens qui deviennent thérapeutes trouvent plus facile de soigner les autres que de se soigner eux-mêmes. Un guide excellent sait vraiment prendre soin de lui-même. Il sait ce qui dans sa vie le nourrit vraiment, et sait se donner cela. Vous ne serez pas nourris par les remerciements des autres. Tout le monde peut vous remercier, et vous pouvez vous trouver malgré cela dans un désert émotionnel. Ce que nous avons à apprendre c’est d’être comblés de l’intérieur, comblés par la qualité de notre relation avec chaque instant de la vie dans toutes les situations.

Synodies : Est-ce que tu voudrais dire quelque chose de ton livre ?
Richard Moss : Je peux dire simplement que c’est l’expression de l’enseignement au travers de ces huit dernières années, depuis que j’ai écrit « Le Deuxième miracle ». De tous mes livres, c’est le plus clair, comme un guide vers la conscience. Il se concentre sur le Mandala de l’être comme modèle pour nous aider à apprendre comment vivre davantage dans le présent. C’est un voyage créatif très difficile, un sacré défi que d’enraciner des idées abstraites.

Synodies : C’est une gestation longue ?
Richard Moss : La plus longue de tous mes livres, et le processus créatif le plus éprouvant. J’ai décidé de m’adresser à la question de la conscience et de la souffrance et de ne pas m’adresser (bien que j’en ai envie) à leur relation avec la situation mondiale actuelle à laquelle l’humanité se trouve confrontée. Je m’efforce vraiment de répondre à cette question d’une manière valable pour chaque individu. Comment en sommes-nous arrivés là où nous en sommes aujourd’hui ? Que faisons-nous bien ? Qu’est-ce que nous ne comprenons pas bien de nous-mêmes ? Qu’est-ce qui est possible pour nous ? Mais ce n’est pas une déclaration sociale ou politique même si je considère que mon travail s’adresse au problème fondamental de la souffrance dans notre monde.

Synodies : Pourrais-tu répondre à cette question d’un de nos amis : que serait pour toi une initiation contemporaine?
Richard Moss : Une initiation, c’est planter une graine. Ensuite, la graine pousse. Comment elle pousse, c’est la grâce, et l’effort qui nous revient est de prendre soin d’elle. Il y a plusieurs niveaux. Je pense qu’apprendre à aimer plus profondément une autre personne est une des inititiations les plus profondes de la vie si nous arrivons à apprendre à rencontrer l’autre dans le présent et d’être honnête avec nous-mêmes. Je pense que la vie nous donne d’autres initiations. La femme qui accouche, l’homme qui va au combat dans l’armée, la maladie, la mort, le décès d’un proche, faire face à la mort soi-même, se positionner contre l’injustice dans notre vie. Il y a aussi le vieillissement, la ménopause, etc.

Je comprends la nature de l’initiation formelle dans d’autres sociétés, et surtout celle entre un maître et un disciple, mais je pense que dans notre culture, nous ne sommes pas préparés pour rencontrer de telles initiations. La plupart de nos initiations culturelles sont banales : le jeune qui obtient son permis de conduire, le jeune adulte qui quitte le foyer des parents, la fin des études, le premier bulletin de salaire. Mais ces choses sont rarement vécues consciemment chez la plupart des gens. Dans notre culture, surtout lorsque nous imitons d’autres cultures – l’orient, les peuples natifs – nous avons un sens romantique de l’initiation et n’en sommes pas vraiment préparés. Elles font partie de notre compulsion à essayer de changer à travers des processus magiques au lieu du travail ardu de la conscience de soi.

Je pense aussi que ce que j’essaie de faire chaque été aux Courmettes (le séminaire « de base » de dix jours) est une sorte d’initiation. J’invite les gens à entrer en eux-mêmes et à un niveau de vitalité très profond afin qu’ils puissent faire l’expérience d’eux-mêmes dans leur plénitude. Pendant ces séminaires je ne me dis pas : « Maintenant je vais initier les gens ». Je me dis : « Maintenant nous allons vivre une aventure dans la conscience». Et j’ai confiance que ce sera un profond cadeau dans leurs vies. Ce serait arrogant de penser : « Je vais vous initier». Mais j’ai confiance que si nous vivons nos vies le plus honnêtement possible, la vie va nous initier à nos profondeurs. Concernant ma propre vie, je partage qui je suis, et si cela aide d’autres personnes à se choisir elles-mêmes plus profondément dans leurs vies, afin qu’elles soient prêtes à rencontrer ce qui peut leurs arriver, alors elles seront préparées pour profiter au maximum des initiations naturelles de la vie.

Le 8 février 2004

Interview de Mairie Freneau-Laroche et Rose Dassin.
Traduction de Deborah Bacon.